|
En lisant mon guide, bien avant le départ, j'avais rêvé des heures entières sur la liste des noms des écluses, sur les photos et les indications des lieux traversés. Tous ces "ouët", ces "ker", ces "ic", évocateurs de Bretagne...!
Certains connaissant mon projet, s'inquiètaient de savoir si je n'allais pas trouver ça monotone, m'ennuyer. Mais j'avais lu dans la préface :
"Avais-je éprouvé de la lassitude à contempler toujours la même eau ? Comment être las devant le grand livre de la nature...Le canal n'est artificiel que sur 20% de sa longueur. Les 80% restant sont des rivières canalisées, domestiquées juste ce qu'il faut pour porter les bateaux, creusant leur lit parmi les plus belles vallées de la Bretagne, traversant des villages où reposent les massives maisons de granit, découvrant des forteresses médiévales au détour d'une boucle, effleurant de pacifiques abbayes, escaladant les collines pour monter les bateaux vers le ciel.
Il existait ainsi, en plein 20ème siècle, un chemin, un vrai chemin long de 360 kilomètres, à l'abri des voitures, baigné de silence et d'eau." (Lauriane et Jacques Clouteau. Le Canal de Nantes à Brest, Guide du Randonneur-Les Editions du Vieux Crayon.)
Non j'étais sûre de ne pas m'ennuyer. J'allais plutôt réaliser deux souhaits :
Retourner en Bretagne et puis marcher.
Marcher change complétement le rythme de la vie. Marcher redonne au corps sa juste place et sa juste fonction. Marcher libère. Marcher rend heureux.
En Juillet 2005, nous avions fait une balade qui nous avait menés depuis le grand parc désert du château de Carheil jusqu'au bord du Canal. A la surface de l'eau, une myriade de petits poissons noirs formait une masse bizarre, mouvante et étonnante, spectacle amusant.
Avançant vers Guenrouët, le paysage était paisible, harmonieux, parfaitement bucolique..!
J.Y a dit que cette voie d'eau allait de Nantes à Brest et je crois bien que c'est là que l'idée de suivre ce chemin si plaisant s'est installée comme désir.
Un an plus tard, nous y sommes. Je marche. Il fait beau. Chaud. C'est les vacances. Enfin je respire! Et je me sens bien !

|